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PATRIMOINE

Nous vous donnons rendez-vous sur cette page où nous aborderons chaque mois un thème différent autour de l'histoire et du patrimoine de Bourgnac, avec le précieux concours de Marie-Thérèse et Jacques Escarment.

Les vendanges

12/10/2021

Les vendanges

Quelques plantes sauvages...

09/06/2021

Quelques plantes sauvages...

Les arbres remarquables

07/05/2021

Les arbres remarquables

LE GEMMAGE

02/04/2021

LE GEMMAGE

 

 

 

 

L'Ă©glise

01/03/2021

L'Ă©glise

Dans le village, quelques sites mĂ©ritent le dĂ©tour pour qui sait regarder. Rien de grandiose, certes mais comme dans chaque bourg l’église Ă©rige son clocher, perceptible Ă  quelques kilomĂštres Ă  la ronde.

Construite au cours de deux pĂ©riodes diffĂ©rentes aux XI-XIIe, et XIIIe siĂšcle, de style roman dont il reste le chƓur. A l’extĂ©rieur de l’abside, des corbeaux romans restent identifiables. 


Un masque sarcastique reprĂ©sentant l’un des sept pĂ©chĂ©s capitaux : l’envie ou la gourmandise. Sur un autre, figure un phallus (reprĂ©sentation courante dans l’art roman) symbole de luxure ou du culte de la fĂ©conditĂ© que l’on trouve Ă  l’église de Sainte- Colombe en Charente ou de la basilique Saint Sernin Ă  Toulouse (chapiteau aujourd’hui dĂ©truit)  . La persistance de ce symbole est prĂ©sente dans l’art roman jusqu’au XI siĂšcle malgrĂ© les interdits de l’église et du concile de ChĂąlons.

 

 

 


A l’extĂ©rieur, une pierre portant la date 1707 indique une premiĂšre restauration.

 

 

 

 

 

 

 

 

La nef a Ă©tĂ© reconstruite partiellement au dĂ©but du XVII siĂšcle en 1602, comme l’indiquent les inscriptions gravĂ©es sur la charpente, dĂ©couvertes pendant la restauration de 2007oĂč figurent les noms des charpentiers.

 


En 1882, une rĂ©fection des toitures et du clocher a Ă©tĂ© effectuĂ©e. Pour l’anecdote ces travaux ont nĂ©cessitĂ© : une brouettĂ©e de chaux grasse, 850 tuiles creuses et plates, 2 mĂštres-cube de sable, 5 sacs de chaux hydraulique, 56 lattes-feuilles, 2 kilos de pointes.


Le clocher actuel nĂ©o-gothique date de 1902. Le montant du projet s’élevait Ă  9000 F, la subvention de l’état de 3000 F, les dons et souscriptions 2300 F et l’emprunt communal de 3700 F.


Plan dressĂ© en 1901 par l’architecte Roumaillac. 

 

 

 

 

La cloche a été fondue en septembre 1878 par la maison Vauthier de Saint-Emilion.

Cette cloche pesant 290 kilos et donnant la note Si, a remplacĂ© la prĂ©cĂ©dente pesant 110 kg et fondue en 1735. Elle porte l’inscription : « Christus vincit, Christus regnat, Christus imperat, Christus ab omni malo nos defendat. » 

 

La bĂ©nĂ©diction a eu lieu le 20 octobre 1878, le parrain Ă©tant Pierre-Louis GoyhĂ©nĂšche, docteur en thĂ©ologie et officier d’acadĂ©mie, curĂ© de la paroisse et la marraine, Mademoiselle Palmyre BruyĂšre de Bourgnac.

 

Jusque dans les annĂ©es soixante dans les villages, la cloche scandait le rythme de la vie. L’angĂ©lus du matin, de midi et du soir marquait la journĂ©e. 


Les sonneries particuliÚres annonçaient les événements importants, le dimanche, les offices religieux, le glas trÚs codé pour les décÚs : pour les femmes, trois tintements espacés suivis de la volée, pour les hommes deux tintements espacés suivis de la volée.


Pour annoncer un danger, on sonnait le tocsin, il a Ă©tĂ© entendu pour la derniĂšre fois pour le grand incendie de Chervail en 1961. 

 

 

 

En 1980, une horloge électronique a été installée par la municipalité.

 

Le sonneur de cloche en 1860 Ă©tait Etienne Plazanet, sacristain cultivateur, propriĂ©taire dans le bourg. Pierre Marty puis Joseph Jeanny lui ont succĂ©dĂ©. Lorsque la cloche Ă©tait actionnĂ©e Ă  la corde, les horaires de l’angĂ©lus variaient quelque peu selon les saisons et les travaux des champs.

 

 


Tous les vitraux de la nef sont antĂ©rieurs Ă  1902 et restaurĂ©s en 2007. 

 

 

 

 

 

 

Le vitrail de l’abside reprĂ©sente les patrons de la paroisse, Saint CĂŽme et Damien, morts vers 300, martyrisĂ©s en Syrie.

Leur culte rĂ©pandu d’abord en Orient au IVe siĂšcle gagne le bassin mĂ©diterranĂ©en et l’Occident, mĂ©decins « anargyres » (parce qu’ils soignaient gratuitement). 
L’empereur Justinien Ă©rige un temple en leur honneur Ă  Cyr, au VIe siĂšcle. 

Trois lĂ©gendes relatent la vie des Saints, selon l’une, d’origine arabe et l’autre asiatique, ils seraient nĂ©s Ă  EgĂ©e, en Cilicie, ville Ă©vangĂ©lisĂ©e par Saint-Paul, puis se seraient rendus Ă  Pergame pour leurs Ă©tudes, revenus enfin Ă  Cyr, ils y auraient Ă©tĂ© martyrisĂ©s le 27 septembre 287 pendant la persĂ©cution de DioclĂ©tien. La troisiĂšme lĂ©gende est d’origine romaine, c’est grĂące Ă  elle que leurs noms furent introduits dans le canon romain. 

Au Moyen-Age, leur culte se rĂ©pandit surtout dans les villes hansĂ©atiques oĂč les Ă©pidĂ©mies Ă©taient frĂ©quentes. 

Leurs reliques avec authentique, obtenues de Rome par le curĂ© GoyhĂ©nĂšche, Ă©taient exposĂ©es dans l’église Ă  la vĂ©nĂ©ration des fidĂšles, le dimanche suivant le 27 septembre.

 

 

 

 


A l’intĂ©rieur, une copie du tableau de RaphaĂ«l reprĂ©sentant Saint-Michel terrassant le dĂ©mon occupe la partie gauche de la nef. Cette copie est due Ă  Tito Marzocchi de Belluchi, peintre français d’origine italienne, nĂ© Ă  Florence le 25 juin 1801, mort Ă  Paris le 20 fĂ©vrier 1871, fils de peintre et Ă©lĂšve d’Horace Vernet.

 

 

 


L’actuelle place de l’église occupe l’emplacement de l’ancien cimetiĂšre, l’ancien chemin conduisant Ă  la fontaine Sainte-Marie a Ă©tĂ© supprimĂ© et placĂ© tel qu’il est actuellement.

Les arbres aujourd’hui centenaires, marronniers et tilleuls ont Ă©tĂ© plantĂ©s en 1902.

Les travaux de la place, le mur de clÎture ont été réalisés par M. Villechanoux, entrepreneur adjudicataire pour la somme de 2500 francs.

Cette place appelĂ©e « Place publique », puis « Place de l’église », a Ă©tĂ© renommĂ©e « Place Saint CĂŽme et Damien »  lors de l’adressage de la commune en 2019.

 

La tradition du cochon

12/02/2021

La tradition du cochon

On tue le cochon Ă  Bourgnac
CĂ©cile Demeude - FĂ©vrier 2021

 

En PĂ©rigord, pendant des siĂšcles on a Ă©levĂ© un ou deux porcs dans chaque ferme. Outre le fait attestĂ© que le PĂ©rigord a produit des porcs pour les vendre, comme l’écrivait Vauban dans son petit traitĂ©. De la cochonnerie, « Cet animal est d'une nourriture si aisĂ©e que chacun peut en Ă©lever, n'y ayant point de paysan, si pauvre qu'il soit, qui ne puisse Ă©lever un cochon de son cru par an. » Telle est encore l'opinion commune et rassurante qui s’inscrit dans la tradition.


On a longtemps nourri le cochon avec des chùtaignes, puis on a amélioré son alimentation avec des produits cultivés à la ferme. Pas seulement avec les restes des repas familiaux ; on a cultivé pour lui betteraves fourragÚres, carottes, raves, choux-raves, pommes de terre. De quoi faire une odorante et nourrissante pùtée à laquelle on ajoutait du son, de la repasse issues des minoteries locales.


Jusque dans les annĂ©es 1990, quelques fermes ont Ă©levĂ© un ou deux cochons pour assurer l’alimentation de la famille pendant l’annĂ©e. 

 

 

 

 

 

L’hiver et son froid propice Ă  la conservation de la viande pendant le temps de prĂ©paration des conserves, voyait tourner dans chaque ferme le charcutier qui assurait abattage et dĂ©coupe sur place.

 

Et autour, s’activaient dans une joyeuse animation, tous les membres de la famille, les voisins et amis. Chacun avait sa part de travail, Ă  son niveau. C’était l’occasion de renouer avec le principe des Ă©changes de services, bel exemple de collaboration et d’entraide qui disparaĂźt petit Ă  petit. 


La joie et la bonne humeur se distillaient dans cette assemblĂ©e, autour de la table du repas, devant les masses de viandes Ă  transformer. Nous sommes passĂ©s Ă  l’ùre de la stĂ©rilisation des aliments et les bocaux de verre s’alignent avant leur remplissage.

 
Cette viande autrefois, Ă©tait conservĂ©e dans la graisse, ce qui constituait les fameux confits si goĂ»teux. Avec moins de risques sanitaires, et pour traverser toutes les saisons, la conservation par appertisation ne nous a pas privĂ©s de ces mets dĂ©licats et nous permet d’en Ă©taler la consommation tout au long de l’annĂ©e. Il faut se souvenir qu’il y a encore quelques dĂ©cennies, les boudins, saucisses, andouilles Ă©taient consommĂ©s trĂšs rapidement, aprĂšs sĂ©chage.  

 

 

 

Il reste encore une place pour la salaison, ici affaire du chef de famille, oĂč il convient de saler Ă  leur juste mesure les piĂšces qui s’imprĂšgneront plusieurs semaines dans le saloir, avant de parfaire leur saveur au sĂ©chage Ă©troitement surveillĂ©. On retrouve ici lard, ventrĂšche, jambons et autres piĂšces qui serviront Ă  agrĂ©menter un plat de lentilles et feront partie intĂ©grante d’un petit dĂ©jeune roboratif avant le travail. 

 

Et qui n’a pas aimĂ© ce rĂ©gal du goĂ»ter, la frotte Ă  l’ail ? Montaigne  s’en fait l’écho dans les Essais « Qui oste Ă  un enfant certaine particuliĂšre et obstinĂ©e affection au pain bis, au lard, ou Ă  l'ail, il luy oste la friandise».


Traces d’un passĂ© rendu Ă  la dimension ethnologique, ces photos restent le tĂ©moignage de cette semaine pleine d’enthousiasme, d’amitiĂ© et de bonne chĂšre. 

 

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Si cette tradition vous intĂ©resse, voici quelques pistes pour poursuivre. Tous les liens sont en accĂšs libre. 
Livres
Thibaud, Pierre. Journal d'un cochon de l'An II. Entre Double et Gironde . Fanlac, 1997. (BibliothĂšque du PĂ©rigord)
Boulongne, IrĂšne.  Regards sur la vie quotidienne dans la sphĂšre domestique paysanne : son Ă©volution par rapport au contexte notamment depuis 1850. Publication en ligne par l’auteur, 2015. http://viepaysanneautrefois.free.fr/chapitres/ch03/310_AlimentationPaysanne_336a355.pdf
Articles
HĂ©mardinquer Jean-Jacques. Faut-il « dĂ©mythifier » le porc familial d'Ancien RĂ©gime ?. In: Annales. Économies, SociĂ©tĂ©s, Civilisations. 25ᔉ annĂ©e, N. 6, 1970. pp. 1745-1766.
www.persee.fr/doc/ahess_0395-2649_1970_num_25_6_422315
Bonnain-Moerdijk Rolande. L'alimentation paysanne en France entre 1850 et 1936. In: Études rurales, n°58, 1975. pp. 29-49.
www.persee.fr/doc/rural_0014-2182_1975_num_58_1_2019
Balvet Delphine. L'abattage du porc, une fĂȘte patrimoniale ? L'exemple de «La Saint-Cochon dans la ville» Ă  Bourg-en-Bresse. In: Le Monde alpin et rhodanien. Revue rĂ©gionale d'ethnologie, n°3-4/2004. pp. 109-122.
www.persee.fr/doc/mar_0758-4431_2004_num_32_3_1852
Eric Baratay. Porc des bois.. cochon de ferme... porc d’usine, l’évolution d’une vie, XVIIIe-XXIesiĂšcles. L’ArchĂ©o thema: revue d’archĂ©ologie et d’histoire, Chaponnay: Archeodunum, 2011, pp.72-77. halshs-00659796
https://halshs.archives-ouvertes.fr/halshs-00659796/document 
Isabelle Grégor. Tout est bon dans le cochon, sauf le caractÚre . In Hérodote.net
https://www.herodote.net/Tout_est_bon_dans_le_cochon_sauf_le_caractere_-synthese-2094-379.php 
Vidéos
Jacques de Bort, Philippe Rives. On tue le cochon. France regions 3 Bordeaux. (Terroir) https://www.ina.fr/video/RBC05061106/on-tue-le-cochon-video.html
vidĂ©o 14 mn. 

Cuisines d'hiver : les oies et les canards

12/02/2021

Cuisines d'hiver : les oies et les canards

La cuisine du cochon terminĂ©e, venait ensuite l’abattage des oies ou des canards.

 

 

 

Histoire de femmes avant tout, les plus ĂągĂ©es venaient prĂȘter main-forte. Leur prĂ©nom prĂ©cĂ©dĂ© de l’article empruntĂ© Ă  l’occitan   reste prĂ©gnant sans doute  dans les mĂ©moires de ceux qui les ont connues : la Martou, la Simone, l’ AurĂ©lie, la Raymonde de Peyrifol. Elles arrivaient, le jour tout juste levĂ©, avec leur tablier « de devant Â» « lo davantau  per plumar Â». La marmite, devant le feu gardait l’eau bouillante, prĂȘte, pour ne pas retarder. Les oies ou les canards, sentant ce remue-mĂ©nage inhabituel s’égosillaient dans l’étable  chaque  fois que la porte s’ouvrait et se refermait derriĂšre l’intrus, celle qui les avait nourries, traĂźtreusement gavĂ©es pour finir par les attraper, l’une aprĂšs l’autre afin de rĂ©gler leur sort.

 

 

Celles-ci Ă©taient saignĂ©es au-dessus d’une assiette creuse tapissĂ©e de sel, de poivre, d’ail. « La sanguette Â» serait Ă©bouillantĂ©e, frite Ă  la poĂȘle : plat unique  dĂ©coupĂ© en part, ferait le dĂ©jeuner, parfois accompagnĂ© d’une sauce Ă  l’oignon et au vin blanc, un rĂ©gal aujourd’hui oubliĂ©.
Dans les petites fermes des annĂ©es 60, l’élevage restait modeste, 6 Ă  10 oies au plus, la matinĂ©e suffisait pour le plumage, soit dans la fourniĂšre, soit dans la piĂšce principale, prĂšs de la cheminĂ©e autour d’une installation de fortune. Le volatile Ă©tait rapidement plongĂ© dans l’eau bouillante pour faciliter le plumage, soit plumĂ© Ă  sec pour rĂ©cupĂ©rer le duvet destinĂ© Ă  la fabrication des Ă©dredons ou vendu au « plumassier Â» qui ramassait aussi les peaux de lapin, en fin d’hiver. DĂ©barrassĂ©es du plus gros des plumes, les oies dodues Ă©taient alignĂ©es sur une grande table avant d’ĂȘtre flambĂ©es au-dessus d’un couvercle de marmite renversĂ©, rempli d’alcool Ă  brĂ»ler, les normes de sĂ©curitĂ© Ă©taient approximatives !

 


AprĂšs avoir enlevĂ© les « coutons Â», Â« pelĂ© les pattes Â», les volailles Ă©taient essuyĂ©es puis pendues dans la cave au frais jusqu’au lendemain, gardant le secret de leur prĂ©cieux foie.
AprĂšs ce labeur, les femmes s’attablaient  autour d’un dĂ©jeuner confectionnĂ© la veille pour le plat principal. Une soupe campagnarde avec « des tailles Â» ouvrait l’appĂ©tit, la sanguette  du matin suivait, le civet de lapin prĂ©cĂ©dait la salade bien assaisonnĂ©e, enfin le dessert terminait ce repas avec la crĂšme caramĂ©lisĂ©e Â« au palou Â», rougi dans le feu de la cheminĂ©e pour faire fondre le sucre , le cristalliser en caramel fumant et les merveilles prĂ©parĂ©es, quelques jours avant et conservĂ©es dans une marmite en fonte. Le cafĂ©, servi dans des tasses pour l’occasion, les fondants et les boules pralinĂ©es prolongeaient ces agapes.

 

Le lendemain du plumage, il fallait ouvrir les oies ou les canards avec l’aide d’une des femmes venues la veille, celle sans doute la plus disponible.
La grande table, recouverte de la toile cirĂ©e dĂ©lavĂ©e, entaillĂ©e par les lames affĂ»tĂ©es des annĂ©es prĂ©cĂ©dentes, faisait office de plan de travail. Les plats en terre de Beauronne, les bassines en Ă©mail, soigneusement alignĂ©s attendaient leur contenu. Les officiantes retrouvaient alors les gestes pour dĂ©pecer la volaille, elles coupaient tout d’abord les pattes qui seraient conservĂ©es au saloir pour assaisonner une soupe, venaient ensuite le cou, la tĂȘte, les ailerons destinĂ©s au ragoĂ»t de carottes, de salsifis et de pommes de terre.

 

 

 

Le petit couteau dĂ©collait ensuite le paletot de la carcasse, c’est alors qu’apparaissait le foie
dans son Ă©crin de graisse, rĂ©sultat du gavage au maĂŻs, effectuĂ© Ă  heure rĂ©guliĂšre, le matin et le soir, pendant trois semaines. Toujours, avec la mĂȘme prĂ©cision, le devant avec « ses
demoiselles », destinĂ© au gril ou Ă  la soupe rejoignait le contenant prĂ©posĂ©. Le foie dĂ©tachĂ© ,dĂ©barrassĂ© du fiel Ă©tait mis Ă  tremper pour « dĂ©gorger ». Venait ensuite la prĂ©paration des gĂ©siers dont le contenu insolite laissait deviner un morceau de fil de fer, une tĂȘte de clou parmi les petits cailloux ingurgitĂ©s voracement au hasard des rigoles et des flaques que les palmipĂšdes affectionnaient. Les boyaux, une fois vidĂ©s, pouvaient ĂȘtre cuisinĂ©s sous forme de grillons (une ferme d’un village voisin en avait la spĂ©cialitĂ©, cela restait assez rare).

 

 

 

Le paletot charnu, les ailes et les cuisses rejoignaient le saloir pour vingt-quatre heures avant d’ĂȘtre confites. AprĂšs ce temps, les quartiers dĂ©barrassĂ©s du sel, Ă©taient plongĂ©s, recouverts de graisse fondante dans le peyrol, environ deux heures, le thermomĂštre de cuisson Ă©tant alors une paille de riz empruntĂ©e au balai, enfoncĂ©e dans la chair pour en apprĂ©cier la cuisson ! Les quartiers dĂ©licatement sortis retrouvaient les toupines en grĂšs, remplies de graisse jusqu’au col et coiffĂ©es d’un papier Ă©pais pour en assurer la conservation durant l’annĂ©e ; en fin de saison, aprĂšs l’étĂ© il n’était pas exclu que les derniers morceaux aient le goĂ»t de «relent », il suffisait alors de les faire roussir Ă  la poĂȘle.

 

 

Le fond du Peyrol, soigneusement « raclĂ© » livrait « les grillons », qui poivrĂ©s, seraient conservĂ©s en terrine sous une fine pellicule de graisse. Les abats, appelĂ©s «abattis» composaient une sauce rapidement consommĂ©e. Le foie, fleuron de la bĂȘte faisait l’objet de
diffĂ©rentes prĂ©parations. Il pouvait ĂȘtre confit entier dans la graisse et gardĂ© dans une terrine quelques mois. Il entrait aussi dans la prĂ©paration « des pĂątĂ©s de PĂ©rigueux » (morceau de foie entourĂ© de chair de porc, parfois truffĂ©, tassĂ© dans des boĂźtes serties puis stĂ©rilisĂ©es pour une longue conservation. Les brisures de foie, mĂ©langĂ©es Ă  des pommes de terre constituaient un pĂątĂ©, « le papiton » essentiellement dans la rĂ©gion de Sarlat.

 

 

 

Ces rites bien ancrĂ©s dans les campagnes ont perdurĂ© jusqu‘aux annĂ©es 70. Les petits Ă©levages  ont disparu en mĂȘme temps que les gĂ©nĂ©rations se sont Ă©teintes.
De rares fermes associent encore agriculture et basse-cour dans le respect des saisons et de la nature.
Le paysage rural a lui aussi changĂ©, les petites parcelles entourĂ©es de fruitiers ont laissĂ© place Ă  des terres cultivĂ©es et Ă  des prairies oĂč encore quelques troupeaux paissent paisiblement, jusqu’à quand ?...

CUISINES D'HIVER : le cochon

12/01/2021

CUISINES D'HIVER : le cochon

 

 

Bourgnac en décembre

10/12/2020

Bourgnac en décembre

Joyeuses fĂȘtes de fin d'annĂ©e !

Novembre : le Monument aux Morts

15/11/2020

Novembre : le Monument aux Morts

...

 

1923

 

 

Plan de la parcelle offerte par Jean-Elien Chalibat maire de Bourgnac

 

 

Croquis de l'ouvrage tel qu'il sera exécuté par l'entrepreneur Carbou

 

 

 

 

Inauguration en 1924

 

Cérémonie au monument

 

 

Banquet place de l'Ă©glise

 

 

Depuis cette date, chaque 11 novembre la municipalité rend hommage à "Ceux de 14" qui se sont battus vaillamment pour la France.

Depuis presque 100 ans, les gĂ©nĂ©rations se sont succĂ©dĂ© dans ce mĂȘme hommage.

 

 

"Jusque dans les annĂ©es 60, chaque onze novembre, combien d'enfants de l'Ă©cole communale de la classe de l'institutrice d'alors, Madame Courget, ont participĂ© Ă  la cĂ©rĂ©monie commĂ©morative. 
Les premiers jours de novembre, dans la tiédeur de "la grande classe", pour les élÚves de 9 à 14 ans, un temps était consacré à la récitation de deux textes en hommage aux morts :" je prends ces fleurs" de Théodore de Banville et" l' Hymne aux morts" de Victor Hugo...
Le matin du 11 novembre, nimbé des premiers brouillards de l'automne, nous avions rendez-vous dans la cour de l'école, avec la recommandation d'apporter un petit bouquet, composé des derniÚres fleurs de jardin épargnées par le gel, quelques dahlias ébouriffés, des cosmos, des vendangettes, des pousses d'asperges en guise d'asparagus, les tiges emballées dans du papier journal !
Ces petits bouquets allaient émailler de leurs couleurs la gerbe officielle aux couleurs de la France, déposée solennellement sur le socle du monument..." (*)

 

Cette année, dans ce contexte sans précédent, seuls les élus ont pu se rendre au monument aux Morts pour observer une minute de silence aprÚs la lecture du texte officiel envoyé aux mairies par la Préfecture.

 

 

 

 

 

 

Commémoration en 2019 avec Bertrand Mathieu

 

En 2008 avec Michel Prévot

 

 

 

 

 

 

(*) Extrait du livre:" Bourgnac : Histoire et MĂ©moire "de M.T.et J. Escarment